Le Club de l’âge d’or de Marieville existe depuis 1984. Il regroupe plus de 500 membres âgés de 50 ans et plus. Nous y avons rencontré quatre membres en compagnie de Jean-Marc Michaud, sergent spécialiste au Service conseil et stratégies avec les communautés locales à la Sûreté du Québec. Nous avons discuté de leurs interactions avec les policiers ainsi que de leurs attentes envers ces derniers.
Denis Labonté, Denyse Fontaine, le sergent Jean-Marc Michaud, Marie-Paule Arseneau ainsi que Jean-Guy Noiseux au Club de l’âge d’or de Marieville
Q. À quelle occasion avez-vous eu recours au service des policiers?
Denyse Fontaine : « On a des patrouilleurs qui viennent régulièrement. »
Marie-Paule Arseneau : « Des fois, la fin de semaine, je viens travailler ici le soir et il y a des autos à côté dans le stationnement et parfois c’est bruyant et ça peut être inquiétant. On les appelle (les policiers) et ils viennent tout de suite. »
Denis Labonté : « Je me souviens qu’une fois les policiers étaient venus nous parler et ils nous ont dit que, lorsque quelqu’un cogne à notre porte, il ne faut pas ouvrir tout de suite. On doit attendre de voir qui est là. »
Denyse Fontaine : « … et ils nous ont aussi parlé de bien sécuriser nos maisons. »
Q. Seriez-vous à l’aise de communiquer avec la police si une situation vous inquiétait?
Denis Labonté : « Ben oui, ben oui, c’est officiel… »
Denyse Fontaine : « Oui, même si c’est parce que j’ai vu quelque chose de bizarre dans le village, je vais en parler aux patrouilleurs. Par exemple, l’autre jour, il y avait deux monsieurs âgés avec deux petites filles d’environ 8 ou 9 ans. Il y en avait un qui avait une mobylette et il leur faisait faire des tours. Ça avait l’air un peu louche. En tout cas, j’ai appelé la police juste pour avertir de surveiller. »
Denis Labonté : « Ils viennent aussi pour notre système d’alarme. Quand ça sonne ils viennent. »
Q. Et, qu’est-ce qu’ils vous disent quand ils viennent pour votre système d’alarme?
Denis Labonté : « Eh bien, ils rentrent avec nous pour voir ce qui se passe. Mais, souvent c’est de notre faute, ha, ha, ha… C’est arrivé quelques fois mais ils sont « ben smattes » pareil. C’est déjà arrivé une nuit vers trois heures et ils sont venus. L’alarme était partie toute seule. Je ne sais pas ce qui est arrivé, mais ils sont venus tout de suite. Ils sont allés voir partout à l’intérieur; en haut et en bas. Il n’y avait rien, mais à trois heures du matin quand tu te lèves et que tu t’en viens ici, ça fait peur un peu.… »
Q. Est-ce que parfois vous n’appelez pas les policiers parce que vous croyez qu’ils n’ont pas le temps?
Marie-Paule Arseneau : « Non. J’ai appelé dimanche dernier parce que dans ma rue il y avait deux jeunes qui « coursaient » avec des mini-mobylettes. J’ai téléphoné et ils m’ont dit qu’ils allaient envoyer quelqu’un. Il y avait beaucoup de familles qui se promenaient sur la piste cyclable et les deux jeunes « coursaient » dans le sens contraire. Dans cette rue-là, depuis l’automne passé, il y a beaucoup de jeunes avec des p’tits Honda qui « coursent » et il n’y a jamais personne qui ne dit rien… Les gens n’osent pas, ils se disent que les policiers ne viendront pas ou ils ont peur des réprimandes. »
Denyse Fontaine : « Ouin, ici aussi à côté on avait des petits vendeurs de « pot » dans le parc en face. »
Denis Labonté : « Ils étaient ici à tous les soirs. Il y avait toujours une gang; on en avait assez alors on a appelé et ils sont venus. Ça a fait beaucoup de bien. Ils avaient même brûlé notre Tempo l’hiver… »
Q. Donc, vous êtes satisfaits de l’intervention des policiers?
Marie-Paule Arseneau : « Ça a fait toute une différence. »
Denis Labonté : « Ah oui, depuis trois mois, ici, c’est tranquille. »
Marie-Paule Arseneau : « Les policiers jasent beaucoup avec les gens. »
Denis Labonté : « Parfois, ils viennent à pied; c’est rapide et efficace. »
Jean-Guy Noiseux : « Ben moi, par exemple, ma femme elle fait du diabète et parfois elle tombe et j’appelle le 911 et les policiers arrivent tout de suite, même avant l’ambulance. »
Q. Jean-Marc Michaud : « Est-ce que votre épouse a la capsule Info-Stop? »
Jean-Guy Noiseux : « C’est quoi cela? »
Jean-Marc Michaud : « C’est un programme que l’on a à la Sûreté du Québec. C’est une capsule qui contient un aimant à frigo pour que lorsque les ambulanciers ou les policiers se présentent, ils sachent qu’ils sont capables rapidement de trouver une liste des médicaments que la personne prend et les soins dont elle a besoin. Ça c’est une demande que vous pourriez faire auprès de M. Belval, le directeur de votre poste de police. Un policier pourrait aussi venir vous parler d’un autre de nos programmes qui s’appelle Vieillir en liberté en toute sûreté. Il vise à prévenir les crimes et les situations à risques afin d’augmenter votre sentiment de sécurité. »
Denyse Fontaine : « Ah, moi ça m’intéresserait… À quelle place dois-je m’informer pour que quelqu’un vienne nous en parler? »
Jean-Marc Michaud : « Il faut demander à M. Belval. Il va mandater un policier qui va venir vous rencontrer pour expliquer les programmes durant une conférence pour vos membres. Il peut faire cela en différents volets, donc il peut revenir à plusieurs reprises. »
Denyse Fontaine : « Ah oui, on pourrait l’inviter à l’automne. »
Marie-Paule Arseneau : « Moi, j’ai eu la capsule lors d’une exposition l’année dernière à Montréal. Je prends les fameux médicaments pour éclaircir le sang et je devrais avoir un bracelet, mais je n’en ai pas et je vis toute seule. Si quelqu’un arrive pendant que je fais une hémorragie et qu’il voit l’aimant et la capsule, il va voir que je prends ce type de médicaments-là. »
Jean-Marc Michaud : « Oui, c’est un outil de travail qui peut aider les ambulanciers, les policiers, mais aussi l’hôpital parce que si vous êtes inconscient quand vous arrivez là, ils ne savent pas quels médicaments vous prenez. »
Denyse Fontaine : « C’est Info...? »
Jean-Marc Michaud : « Info-Stop. »
Marie-Paule Arseneau : « C’est comme une bouteille de médicaments que l’on laisse dans le frigidaire avec un aimant sur la porte. »
Q. Jean-Marc Michaud : « Quels sont les sujets importants dont vous aimeriez que la police discute avec vous? »
Marie-Paule Arseneau : « L’accessibilité. Les gens ont l’impression que les policiers c’est loin, qu’on les dérange… »
Denyse Fontaine : « Moi, j’ai déjà appelé dans la nuit parce que je gardais mon mari qui pesait à peu près 250 livres. S’il se levait et qu’il tombait, j’appelais la police. Parfois, ils (les policiers) étaient au restaurant mais ils venaient tout de suite. Ils venaient le ramasser. Je les ai appelés plusieurs fois. »
Q. Jean-Marc Michaud : « Quel autre sujet serait important pour vous à part l’accessibilité? »
Jean-Guy Noiseux : « Le télémarketing… »
Denyse Fontaine : « Ah mon doux! Ça, pour les personnes âgées, c’est la galle! Les gens qui se font solliciter, les personnes âgées… Nous recevons des téléphones, au moins deux fois par semaine. »
Q. Jean-Marc Michaud : « Et qu’est-ce que vous dites à vos membres là-dessus? Qu’est-ce que vous faites? »
Denis Labonté : « On a rien dit encore... »
Denyse Fontaine : « Il y en qui se sentent gênés. »
Jean-Marc Michaud : « Ça, c’est un autre point dont vous devriez parler avec M. Belval… »
Marie-Paule Arseneau : « Ah oui, les gens se sentent obligés et mal à l’aise… »
Q. Et vous, est-ce que vous vous sentez obligés?
Tous : « Non, non… pas du tout »
Jean-Guy Noiseux : « Moi, ils sont venus chez nous l’autre jour pour installer une publicité pour un système d’alarme. J’étais assis sur la galerie et le vendeur est arrivé. Il était gentil mais il s’en venait me mettre une pancarte… Ça ne coûte rien pour l’installer, mais après cela ça coûte un certain montant par mois… mais cela il le dit juste une fois que t’es sur le bord de signer le contrat. »
Denyse Fontaine : « Il y en énormément qui sont victimes, mais qui ne le disent pas. C’est peut-être l’orgueil de dire qu’ils se sont faits prendre, ils ne s’en vanteront pas, même pas à leurs enfants. »
Jean-Marc Michaud : « Si vous avez des questions sur nos programmes, ou si une situation vous inquiète, n’hésitez pas à communiquer avec nous. Cela va nous faire plaisir de venir vous voir. »