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L’an dernier, Michaël a été la cible de Justin, un gars pas mal baveux, âgé d’un an de plus que lui. Il vous raconte ici ce qui s’est passé, comment il s’est senti et ce qu’il a fait pour que ça cesse. Les noms des personnes ont été changés, pour préserver leur identité.
Je m’appelle Michaël, j’ai douze ans et j’habite un village de la région de l’Outaouais. L’an passé, alors que j’étais en cinquième année, Justin, qui lui était en sixième année, n’arrêtait pas de m’écœurer.
Quand nous étions plus jeunes, nous étions très proches lui et moi. Puisque nous habitons sur la même rue, il nous arrivait souvent de jouer ensemble en revenant de l’école. Il y a un peu plus de deux ans, ses parents se sont séparés et depuis, il a beaucoup changé. Il s’est fait de nouveaux amis qui sont à l’école secondaire et il se prend pas mal au sérieux.
Il a commencé à être vraiment méchant avec moi au début de l’hiver. C’était la fin de l’après-midi et je marchais pour retourner à la maison quand il est arrivé à côté de moi avec Olivier et Jimmy, deux de ses amis. Ils m’ont demandé si je voulais leur rendre service en allant « emprunter » de la bière dans le réfrigérateur de mes parents. Comme j’ai refusé, ils se sont mis à me traiter de pissou, de tapette et de petit con. Justin m’a lancé une balle de neige en plein visage et Jimmy m’a poussé assez fort pour que je tombe par terre. J’avais beaucoup de peine, j’ai pleuré un bon bout de temps avant de rentrer chez moi.
Le lendemain, j’étais très nerveux en me rendant à l’école; j’avais peur de croiser Justin. À l’heure du dîner, il est venu me voir pour me dire qu’il était vraiment déçu de moi et il a craché dans mon sandwich. Plusieurs jeunes qui l’avaient vu faire ont trouvé ça très drôle, mais mon ami Robin m’a dit de ne pas m’en faire, que Justin n’en valait pas la peine. Deux jours plus tard, quand je suis allé aux toilettes de l’école, j’ai vu un graffiti qui disait « Michaël est un fif ».
J’avais peur de me promener dans les corridors et même dans la cour. Quand je voyais Justin, je devenais hyper stressé. Je n’avais plus envie d’aller à l’école et j’étais de plus en plus déprimé. J’en ai parlé avec Robin et il m’a dit que je ne devais pas me laisser faire, que je devais dénoncer Justin avant qu’il ne fasse vivre cette situation à quelqu’un d’autre.
Je ne voulais pas en parler à mes parents car j’avais peur qu’ils veuillent rencontrer la mère de Justin pour régler le problème et je ne voulais pas en parler à la directrice de l’école car j’avais peur de passer pour un stool auprès des autres jeunes. Je me suis alors rappelé de Paul, un policier qui venait souvent à l’école pour nous parler de prévention. Je me suis rendu au poste de police situé dans mon village et j’ai demandé à le rencontrer.
Paul a été super gentil avec moi, il m’a écouté et m’a expliqué que j’avais bien fait de dénoncer le comportement de Justin. Il m’a dit que le fait de parler de ce que je vivais ne faisait pas de moi un stool et que souvent, les victimes d’intimidation se sentent coupables alors que rien n’est de leur faute. Je me suis senti libéré.
Peu de temps après, j’ai revu Paul et il m’a dit que Justin et ses amis avaient été rencontrés par les policiers parce qu’ils avaient été pris à taxer d’autres jeunes. Maintenant, Justin est à l’école secondaire, mais il semble aller beaucoup mieux. Quand je le croise sur la rue, il me salue.
© Gouvernement du Québec, 2009
Des conseils de sécurité, des témoignages et des jeux destinés aux enfants, ainsi qu’un survol du métier de policier.