L’agent Dumont et une petite Haïtienne
L’agent Dominic Dumont, policier patrouilleur au poste de la MRC de Drummond, a participé à une Opération de maintien de la paix en Haïti d’une durée de neuf mois. M. Dumont s’est envolé pour Haïti le 15 avril 2005 pour revenir au Québec le 17 janvier 2006.
Q. M. Dumont, qu’est-ce qui vous a incité à partir en mission en Haïti?
R. J’avais envie de voir une autre culture, d’avoir une plus grande ouverture sur le monde. J’avais envie de vivre quelque chose qui sorte de l’ordinaire et de faire ma part ailleurs que dans ma ville.
Vue aérienne des Gonaïves
Q. Quels ont été votre rôle et vos tâches lors de votre mission?
R. J’en ai eu plusieurs. Quand je suis arrivé, j’ai été affecté aux Gonaïves. Je travaillais surtout sur le terrain au commissariat. J’ai d’abord observé son fonctionnement. Par la suite, j’ai commencé à mettre mon grain de sel en donnant des conseils, en suggérant des façons de faire, en montrant les erreurs que les policiers haïtiens faisaient et les conséquences que cela pouvait entraîner. Je devais également voir au respect des droits humains des détenus dans les divers commissariats.
Prise de photo lors du recensement des policiers haïtiens
Après environ quatre mois et demi, j’ai été nommé officier du personnel. Par la suite, j’ai été transféré dans une unité de la réforme de la Police nationale d’Haïti pour faire le recensement de tous les policiers qu’il y avait en Haïti. On devait leur faire remplir un questionnaire, les prendre en photo, prélever leurs empreintes, etc. Parallèlement, je continuais d’exercer mes fonctions d’officier du personnel.
Q. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au cours de votre mission en Haïti?
R. La pauvreté est frappante, c’est ce qui m’a le plus marqué. Une autre chose qui m’a marqué est la responsabilité que l’on nous confiait. Lors de la visite du premier ministre Jean Charest aux Gonaïves, le commandant régional m’a demandé de planifier la visite, le convoi et tout le reste. C’était très valorisant et très intéressant et un beau défi à relever.
L’agent Dumont en compagnie de policiers pakistanais, chiliens et nigériens
Q. Quel est votre plus beau souvenir?
R. Mes plus beaux souvenirs sont les relations avec les policiers internationaux. J’ai connu des gens des quatre coins du monde : des Russes, des Bosniaques, des Français, des Espagnols, des Pakistanais et bien d’autres. Ça m’a permis de découvrir d’autres cultures et de m’ouvrir de nouveaux horizons.
Q. Qu’est-ce que vous avez trouvé le plus difficile tant au plan personnel que professionnel?
R. Du point de vue professionnel, je dirais que nous n’avions pas assez de pouvoir pour agir. La barrière de la langue jusqu’à un certain niveau a également été une difficulté.
Du point de vue personnel, ce que j’ai trouvé difficile, c’est la vie de tous les jours. La température, les bestioles, les maladies, la nourriture, l’eau. Il faut toujours tout surveiller.