L’exploitation sexuelle des mineurs touche des jeunes présentant des vulnérabilités à différents niveaux et sont issus de tous les milieux sociaux. Encore méconnue ou entourée d’idées préconçues, l’exploitation sexuelle est une forme de violence qui entraîne des conséquences profondes.
Les exploiteurs et les pédocriminels profitent de la vulnérabilité des jeunes pour les attirer et les contrôler. Pour protéger ces victimes, il est essentiel de connaître les signes à surveiller et de comprendre comment intervenir avec bienveillance.
En tant que proches, policiers, intervenants ou citoyens, nous avons tous un rôle essentiel à jouer pour repérer les indices, agir rapidement et soutenir les victimes avec empathie et sans jugement.
C’est quoi l’exploitation sexuelle des mineurs?
Il s’agit d’un crime grave commis contre une personne mineure (âgée de moins de 18 ans). L’exploitation sexuelle couvre notamment la pornographie et le travail sexuel.
Ce type de crime entraîne des conséquences très importantes : violences et sévices psychologiques (peur, honte, colère, culpabilité, hypervigilance, troubles du sommeil, de la concentration ou de la mémoire), physiques (blessures, fatigue extrême) et sociales (isolement, méfiance, mécompréhension de l’entourage).
Il est essentiel de rappeler que le consentement d’une personne mineure n’est jamais valide dans un contexte d’exploitation sexuelle. C’est pourquoi les situations d’exploitation sexuelle de mineurs sont traitées en urgence par les services de police.
Pour maintenir son emprise, l’exploiteur utilise la manipulation, le pouvoir, le contrôle et les menaces envers sa victime, son entourage et même ses animaux. La relation est complexe et peut être perçue par le ou la jeune comme étant de l’amour ou de l’affection. Approcher le jeune sans jugement est fondamental.
Les indices pouvant mettre la puce à l’oreille
L’entourage immédiat (amis, enseignants, parents, etc.) est souvent le premier à déceler les indices, par exemple :
- Apparition ou omniprésence d’un adulte dans la vie du jeune ou de la jeune sans lien clair ou crédible (pas un parent ou un tuteur)
- Changements de comportements soudains
- Marques ou changements physiques inexpliqués
- Absentéisme scolaire, fugues ou changement dans les habitudes de vie
- Biens inhabituels ou coûteux
- Hypervigilance et dépendance au téléphone
Ces signes doivent déclencher une vigilance accrue et un signalement aux autorités compétentes.
Qu’est-ce que je peux faire?
Vous croisez une personne mineure qui semble subir de l’exploitation sexuelle? Appelez immédiatement le 911. Il s’agit d’une urgence. Mentionnez un maximum d’informations : description des personnes et véhicules, comportements observés, etc. Les policiers pourront faire des vérifications et intervenir.
Certains milieux sont particulièrement propices à être témoin d’indices du phénomène. Pensons aux hôtels, au milieu de la santé, aux bars et aux restaurants dont le personnel peut repérer des schémas répétitifs (lieux fréquentés ou profils d’exploiteurs ou de facilitateurs). Les informations alors transmises aux services de police, de façon anonyme ou non, sont cruciales.
Chacun de nous détient une partie de la solution pour mettre fin à l’exploitation sexuelle de mineurs : police, centres jeunesse, justice, milieu scolaire, ressources en dépendance, etc. La population est aussi une alliée!
Obtenir de l’aideUrgence : 9-1-1 |
Que font les policiers?
Les policiers sont de plus en plus outillés à accompagner les personnes victimes d’exploitation sexuelle en respectant leur rythme et leurs besoins.
Différents corps de police travaillent ensemble dans l’Escouade intégrée de lutte contre le proxénétisme (EILP). Les membres de cette équipe sont présents partout au Québec et se consacrent entièrement à l’accompagnement des personnes victimes, à la détection des situations d’exploitation sexuelle et à la sensibilisation.
Des intervenant(e)s d’organismes crédibles comme les Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) travaillent dans les mêmes bureaux que l’EILP.






