La fraude « grands parents » et la fraude « faux représentants » font encore trop de victimes au Québec. Mais en Abitibi-Témiscamingue, deux policiers ont décidé de changer la donne en misant sur une arme redoutable : la communication.
D’un côté, la sergente Stéphanie Paquet, coordonnatrice régionale en police de proximité, travaille chaque jour à prévenir la criminalité sur le terrain. De l’autre, le lieutenant François Lareau, responsable de la Division des enquêtes MRC ATNQ, intervient lorsque des fraudeurs passent à l’action. Deux rôles différents… mais incroyablement complémentaires.
Une stratégie simple, mais efficace
En unissant leurs forces, les deux policiers ont mis en place une approche basée sur l’échange rapide d’information entre plusieurs partenaires :
- les services de police;
- les institutions financières;
- le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Abitibi-Témiscamingue;
- le Centre régional de santé et de services sociaux (CRSSS) de la Baie-James.
Résultat?
- Trois suspects arrêtés dans deux villes différentes
- Des biens et des sommes d’argent récupérés
- Une meilleure coordination pour repérer les fraudeurs avant qu’ils ne frappent
Les individus arrêtés faisaient partie d’un groupe organisé qui se déplace en région pour se faire passer pour un proche en situation d’urgence : un petit-fils en détresse, un ami en voyage… L’objectif est toujours le même : obtenir de l’argent en jouant sur l’émotion.
Pourquoi cette stratégie fonctionne
Dès qu’une vague de fraude est détectée, une Alerte Fraude SQ est envoyée aux institutions financières, aux unités de la SQ et aux médias de la région. Les institutions financières, souvent les premières à remarquer un retrait inhabituel, peuvent alors se référer rapidement vers les unités locales de la SQ.
La SQ, de son côté, peut intervenir plus vite, enquêter et procéder à des arrestations.
Le dialogue entre les institutions financières et le CISSS renforce la prévention des abus financiers et l’accompagnement auprès des personnes victimes.
Ensemble, ils forment une chaîne de protection renforcée autour des personnes vulnérables.
N’importe qui peut être victime
Les fraudeurs sont habiles, insistants et très convaincants. Et même si les personnes aînées sont souvent ciblées parce qu’elles veulent aider sans hésiter, personne n’est à l’abri.
Une initiative qui se déploie ailleurs
Le succès de cette collaboration inspire d’autres régions. La démarche est maintenant reprise au Saguenay–Lac Saint Jean, en partenariat avec :
- le Service de police de Saguenay;
- les institutions financières;
- le CISSS du Saguenay–Lac Saint Jean;
- le CRSSS de la Baie-James.
Fraudes en hausse : ce qu’il faut savoir
Voici quelques tendances observées et des conseils pour s’en protéger :
Fraudes à l’investissement
Très présentes sur les réseaux sociaux, offres très alléchantes particulièrement en cryptoactifs.
- Avant d’investir, vérifier toujours que la personne ou l’entreprise est autorisée à exercer auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Fraude amoureuse
Un « amoureux » jamais rencontré qui demande de l’argent?
- Parler de la relation à un proche.
- Ne jamais envoyer d’argent ou de renseignements personnels.
Fraudes « grands parents », « bons amis » ou faux représentants
Par exemple, les fraudeurs prétendent qu’un proche est en danger et qu’il faut payer rapidement.
- Rappeler directement le proche, l’organisme ou l’ami.
- Se méfier des demandes urgentes.
- Ne jamais remettre d’argent ou de biens à un policier, un avocat ou un conseiller venu chez vous. Ne payez jamais au moyen d’une carte-cadeau. Un vrai représentant ne vous demandera jamais cela.
Des outils à consulter
- Découvrez des conseils de prévention de la SQ dans la page Prévention > Fraude
- Agir en cas de fraude
- Vous êtes victime d’une fraude pour savoir quels gestes clés poser
- Dépôt d’une plainte pour fraude pour préparer votre dossier avant de rencontrer un policier
- Vous êtes victime d’un rançongiciel
